Association des Amis des Forêts
de Versailles et Fausses-Reposes

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   Petite et grande histoire des forêts de Versailles et Fausses-Reposes



24 février 2017, par Pierre Desnos

Article extrait du livre "Petite et grande histoire des forêts de Versailles et Fausses-Reposes" de Louis-Etienne Béchu et Pierre Desnos - Mars 2009

L’étude existante à la bibliothèque de l’O.N.F. à Versailles est elle-même largement inspirée du "Guide des groupements de végétaux de la région parisienne" de Marcel Bournerias.

1) Les chênaies charmaies

A) Chênaie charmaie typique sur sols bruns et lessivés avec dans la state arborescente le chêne pédonculé parfois associé au frêne et au chêne rouvre et en présence de merisiers, tilleuls, érables champêtres, ornes, trembles, bouleaux pubescents, et, dans le taillis, châtaigniers et charmes accompagnés d’érables planes et surtout sycomores. Dans la state arbustive, on note le coudrier, l’aubépine, le cornouiller sanguin, l’épine noire. Dans la state herbacée, on note l’arum maculé, le groseillier, la fougère mâle, la violette sylvestre, l’adoxa, le lamier jaune, et surtout le sceau de Salomon et la "jacinthe des bois".

B) Chênaie charmaie rudéralisée en général sur sol brun. Dans la futaie, le frêne domine associé au chêne pédonculé. On y rencontre en abondance l’arum, le sureau noir, la violette, l’herbe à Robert, et l’ortie.

C) Chênaie charmaie appauvrie sur sols lessivés à lessivés néo-podzoliques caractérisée par l’appauvrissement de la végétation précédente avec l’apparition d’espèces acidiphiles. Dans la futaie, le chêne rouvre domine un taillis de châtaigniers et de charmes. Présence du hêtre. L’anémone sylvie et la "jacinthe des bois" (Endymion nutans) ont un recouvrement important. Fréquence des ronces et du chèvrefeuille. Apparition accidentelle de la fougère aigle, du muguet.

2 ) Les chênaies acidiphiles

A) Chênaie acidiphile type sur sol lessivés, néo-podzoliques ou même podzoliques. Dans la futaie, le chêne rouvre domine sur un taillis de châtaigniers, et de bouleaux pubescents. Présence de hêtres, sorbiers des oiseleurs, coudriers, sycomores, charmes dans la state arbustive. Dans la state herbacée dominée par la ronce et le chèvrefeuille, on rencontre la canche flexueuse, la fougère aigle, la "jacinthe des bois", le sceau de Salomon.

B) Chênaie acidiphile appauvrie sur podzols ou sols lessivés podzoliques. Sous une futaie de chênes rouvres, on rencontre dans le taillis des châtaigniers, bouleaux pubescents, chênes, sorbiers. Présence de la bourdaine. Abondance de la fougère aigle et de la canche flexueuse. La ronce peut être abondante, la molinie peu fréquente.

3) L’aulnaie (peupleraie)Retour ligne automatique
Sur sols hydromorphes, caractérisée par l’aulne glutineux et plusieurs espèces de saules.

COMPORTEMENT DES ESSENCES

1) Le chêne.
Essence dominante de la futaie. Chêne pédonculé en fond de vallée, chêne rouvre surtout. Quand il est présent dans le taillis, c’est le signe d’une station très dégradée (chênaie acidiphile dégradée, podzol). Dans ce cas, les arbres de futaie sont bas, de croissance très lente, parfois gélifs. Ailleurs, la qualité des produits est bonne. La production de quelques billes de tranchage n’est pas à exclure sur certaines zones du plateau. En chênaie acidiphile, on voit des semis quasiment en permanence et la génération naturelle donne de bons résultats. Sur les stations riches, les semis disparaissent beaucoup plus vite (semis de pédonculés ?).

2) Le châtaignier.
Elle est l’essence dominante du taillis et est passée souvent à la futaie. Elle est présente partout, sauf en zone hydromorphe et dans certaines stations très dégradées. Le taillis, lorsque la futaie n’est pas trop dense, est de très bonne venue et produit du bois de trituration. Dans le passé, elle a été favorisée car plus productive que le chêne. Dans la futaie, elle est de qualité extrêmement variable quant au port (décroissance métrique en général forte) et à la qualité de bois (roulure fréquente, mais pas systématique.) Sa capacité de rejeter paraît sans limite et elle produit des châtaignes tous les ans.

3) Le hêtre.
Il est localement présent avec de gros sujets avec lesquels on ne parvient pas à obtenir de régénération naturelle par coupes progressives (parcelles 19 et 66) On le trouve souvent disséminé en semis végétant dans le taillis de châtaignier. Planté abondamment, il pousse bien sauf dans les stations les plus dégradées ou il finit étouffé. Planté en plein découvert, il est quasi systématiquement fourchu. Planté sous abri, il donne des sujets de meilleure allure (parcelle 70).

4) Le charme.
Il est présent dans le taillis, parfois dominant, souvent supplanté par le châtaignier.

5 et 6) Le frêne et le merisier
Ils sont présents dans la futaie surtout sur sols riches, le plus souvent disséminés. A noter un peuplement remarquable dans le vallon de la parcelle 71.

7) Le bouleau.
Il constitue un peuplement complet sur certaines parcelles au sol dégradé (parcelles 57 et 58). Avec le chêne, il est le dernier arbre présent sur les trouées à fougères, souvent conséquence d’incendies, sur des pentes exposées au sud.

8) Les résineux
On trouve des peuplements âgés de pins sylvestres assez bien venants (ouest du bois des Gonards) avec quelques sujets de pins maritimes et de pins noirs en mélange. Vieux épicéas au rond point des Gonards. Espèces diverses au plateau de saint Martin. Il y a une vingtaine d’années une grande variété de résineux a été plantée : pins sylvestres, noirs d’Autriche, maritimes, épicéas de Sitka, douglas, thuyas, plicatas, mélèzes. Les pins poussent. Leur forme (sauf les pins noirs) est en général catastrophique. Les pins maritimes n’ont pas gelé en 1985. Les mélèzes, et parfois les douglas, échappent à la concurrence des érables et châtaigniers. Le reste périclite. Seule la plantation de pins noirs en zone dégradée paraît justifiée, mis à part l’intérêt esthétique de quelques bouquets, alignements ou sujets isolés.